S774 - L’hydratation à des moments précis de la partie vélo améliore le résultat final au triathlon

La position finale à un triathlon de distance olympique, qui consiste en 1,5 km de nage, 40 km de vélo et 10 km de course à pied, se décide souvent dans le dernier segment de l’épreuve, soit celui de la course à pied. Un facteur clé de la performance au triathlon est l’hydratation. En effet, selon plusieurs études, la déshydratation serait l’une des principales causes de fatigue précoce. Or, beaucoup de triathloniens s’hydratent peu pour éviter l’inconfort gastro-intestinal.

Le segment vélo représente le moment le plus approprié pour s’hydrater. C’est effectivement pendant cette portion de l’épreuve que l’on peut boire sans perdre de temps, et que l’estomac peut recevoir un plus grand volume d’eau sans provoquer un inconfort gastro-intestinal. Des recherches révèlent que la majeure partie de l’eau ingérée sort de l’estomac pour être absorbée 15 à 30 minutes après son ingestion. Ainsi, boire en trop grande quantité vers la fin du segment de vélo pourrait causer un inconfort gastro-intestinal et une sensation de lourdeur pendant la course à pied.

BUT DE L'ÉTUDE

Les chercheurs ont voulu savoir si la performance pendant la partie course à pied d’un triathlon de distance olympique pouvait être améliorée selon le moment où des quantités semblables de liquide sont ingérées pendant le segment de vélo.

Sept triathloniens âgés de 18 à 35 ans qui avaient pris part à des compétitions pendant au moins six mois avant l’étude, ont participé à deux simulations de triathlon dans un intervalle de 7 à 10 jours.

Dans l’une des simulations, ils devaient boire 177 ml (6 oz) d’eau aux 8e, 16e, 24e et 32e kilomètres de la partie vélo (hydratation précoce), alors que dans l’autre, c’était plutôt aux 10e, 20e, 30e et 40e kilomètres (hydratation tardive), pour un total de 710 ml (24 oz), soit un volume équivalent à la capacité d’un bidon d’eau standard.

L’alimentation et la pratique d’activités physiques avant chaque simulation ont été standardisées et étaient semblables dans les deux cas. Pendant l’autre simulation, les chercheurs ont guidé les athlètes pour qu’ils maintiennent la même cadence à la natation et au vélo que lors de la première simulation.

RÉSULTATS

Par rapport à l’hydratation tardive, l’hydratation précoce s’est accompagnée, au 10 km de course à pied, d’une performance moyenne 3 % plus rapide (1 min 19 s). Aucune différence significative n’a été notée en ce qui a trait à la perception de l’effort, la consommation d’oxygène (VO2) et la fréquence cardiaque.

Ainsi, les athlètes ont couru plus vite lorsqu’ils se sont hydratés plus tôt pendant le segment de vélo. Par ailleurs, les écarts de temps les plus importants semblaient apparaître dans les derniers kilomètres (les plus décisifs), de la course à pied.

En conclusion, le fait de s’hydrater plus tôt pendant le segment vélo pourrait améliorer la performance au triathlon de distance olympique.

Source primaire

McMurray RG, Williams DK et Battaglini CL (2006) The timing of fluid intake during an Olympic distance triathlon. Int J Sport Nutr Exerc Metab 16(6):611-9. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17342882

Rédacteur

Kathryn Adel
kinésiologue

Éditeur

Myriam Paquette
Direction du sport, du loisir et de l’activité physique, Ministère de l’Éducation, du loisir et du sport, gouvernement du Québec; et Université Laval

Mots-clés

Triathlon, hydratation

Lectures suggérées

Bentley DJ et coll. (2008) Maximising performance in triathlon: Applied physiological and nutritional aspects of elite and non-elite competitions. J Sci Med Sport 11(4):407-16. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17869183

Stevens CJ et coll. (2013) Ice slurry ingestion during cycling improves Olympic distance triathlon performance in the heat. J Sports Sci [sous presse]. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23506436

Sports ciblés

Triathlon

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