S206 - Protocole nutritionnel optimisant le stockage de glycogène musculaire en une seule journée

Il est bien connu que des réserves musculaires supra-normales de glycogène améliorent les performances dans les sports d’endurance de plus de 90 minutes. Plusieurs régimes et protocoles nutritionnels riches en glucides entraînant un stockage supra-normal de glycogène musculaire sont donc apparus, par exemple le régime scandinave dissocié de surcompensation glycogénique. La plupart s’échelonnent sur des périodes de 3 à 6 jours, et beaucoup requièrent au préalable une séance d’épuisement des réserves de glycogène musculaires (SERGM). Il s’agit de faire une séance intense et prolongée, puis de réduire la charge d’entraînement jusqu’à la compétition. constituée d’exercices intenses et prolongés, suivi d’une diminution de l’entraînement. Certains insèrent deux SERGM dans leur protocole de surcompensation glycogénique. Si ces protocoles offrent d’excellents résultats sur le plan de l’accumulation massive de glycogène musculaire, ils peuvent bouleverser les programmes spécifiques de préparation pré-compétition, et leurs exigences sont généralement perçues comme fort désagréables par les athlètes.

La présente étude visait donc à déterminer si un protocole nutritionnel plus court et n’exigeant pas de SERGM pouvait donner d’aussi bons résultats. Pour y arriver, huit athlètes masculins entraînés en endurance ont suivi un protocole alimentaire de 3 jours leur prescrivant 10 g/jour/kg de poids, d’aliments riches en glucides ayant un index glycémique élevé (GLU), soit le double de leur apport glucidique habituel. Ils devaient également demeurer physiquement inactifs. L’étude visait aussi à déterminer si l’accumulation de glycogène se produit dans les trois types de fibres musculaires (I, IIa et IIb). La source principale de glucides était des breuvages riches en maltodextrose; les sujets pouvaient compléter avec des aliments riches en glucides de leur choix.

Trois biopsies musculaires furent effectuées : avant le début du protocole, après 24 et 72 heures. Leurs analyses ont démontré que le contenu en glycogène musculaire est passé de 95 à 180 mmol/kg de poids humide après seulement une journée, soit une augmentation de 90 %, et que cette concentration n’a pas subi d’augmentation ultérieure significative malgré la poursuite du régime riche en glucides durant 2 autres jours. Les auteurs de l’étude sont d’avis que leurs sujets ont vu leurs réserves musculaires de glycogène atteindre des concentrations presque aussi élevées que celles obtenues par des protocoles plus longs et comprenant des SERGM parce qu’ils sont demeurés inactifs et parce que leurs réserves, n’ayant pas été épuisées par des SERGM, se situaient déjà à des concentrations relativement élevées. Les protocoles traditionnels de surcompensation glycogénique nécessitent sans doute de plus longues durées, car leur première journée sert principalement à rétablir les réserves musculaires de glycogène à leur valeur initiale de pré-épuisement. L’étude a par ailleurs démontré que l’accumulation de glycogène atteignait des niveaux similaires dans les trois types de fibres musculaires.

On a cru pendant longtemps qu’il était nécessaire d’épuiser préalablement les réserves de glycogène musculaires pour susciter sa surcompensation. Mais dans la présente étude, on a obtenu une concentration moyenne de glycogène musculaire de 180 mmol/kg en une journée seulement, ce qui révèle une intéressante alternative. Il serait possible de faire très rapidement le plein de glycogène, tout en évitant les stress physique et psychologique que peuvent occasionner les SERGM. Le protocole de surcharge des réserves de glycogène musculaires présente également l’avantage de pouvoir être entrepris seulement 24 heures avant une compétition, minimisant ainsi les conflits avec les plans d’affûtage pré-compétition.

Source primaire

Bussau VA et al. Carbohydrate loading in human muscle: an improved 1 day protocol.  European Journal of Applied Physiology 2002; 87:290-5.

Rédacteur

Xavier Bonacorsi
étudiant en kinésiologie, Université Laval

Éditeur

Guy Thibault
Ph. D., Direction du sport et de l’activité physique, gouvernement du Québec; Département de kinésiologie de l’Université de Montréal; et INS Québec

Mots-clés

Glycogène musculaire, régime riche en glucides, réserves énergétiques

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