S347 - Les exercices de pliométrie, effectués en piscine, augmentent la hauteur du saut vertical, chez les athlètes féminines de volleyball

Plusieurs recherches ont été faites jusqu’à maintenant, concernant l’entraînement en pliométrie, autant chez les athlètes que chez les non-athlètes. Il y a beaucoup de bénéfices associés à ce type d’entraînement chez les athlètes, puisque dans le cas de plusieurs sports, la puissance des membres inférieurs est avantageuse.  

Cependant, pour la majorité des exercices en pliométrie, des chocs sur les articulations des membres inférieurs sont induits à cause d’impacts à haute intensité trop souvent répétés. Étant donné que ces impacts peuvent occasionner des blessures musculosquelettiques, les auteurs de cette étude se sont demandés si l’entraînement en pliométrie aquatique réduirait l’impact au niveau des articulations et pourrait être utile dans un sport comme le volleyball pour augmenter la hauteur des sauts verticaux, qui servent à mesurer la puissance des membres inférieurs.

Les auteurs en sont venus à la conclusion que l’entraînement pliométrique aquatique est utile pour préserver les articulations et est tout aussi efficace que l’entraînement pliométrique effectué au sol, même un peu plus. Pour ce faire, ils ont étudié 19 athlètes de volley-ball féminin, âgées d’environ 15 ans (15±1 an), pesant environ 60 kilos (61±11 kg)  et ils les ont séparées en deux groupes; soit un groupe contrôle (CON) et un groupe allant participer à un programme de pliométrie aquatique, ajouté à leur entraînement régulier (APT).

Le programme de pliométrie aquatique s’est déroulé deux fois par semaine, pour une durée de 45 minutes, durant 6 semaines. Ces entraînements avaient lieu une demi-heure après les entraînements réguliers de l’équipe, dans une piscine d’environ 1,22 m à une température de 28°C. Les athlètes devaient faire un échauffement d’environ 5 minutes de jogging dans l’eau, pour ensuite effectuer plusieurs exercices de façon explosive, avec un effort maximum comme des squats, des sauts en hauteurs, des « depth jumps » avec des petits bancs au fond de l’eau. L’entraînement se déroulait par intervalles, avec des repos de 30 secondes entre les séries. À la fin de chaque entraînement, pour une durée de 5 minutes, les sujets devaient marcher au fond de l’eau et étirer plusieurs muscles de leurs jambes, de façon statique, pour se calmer un peu.

Le programme de pliométrie aquatique a permis au groupe APT d’augmenter de 11 % (P < 0.05) la hauteur de son saut vertical, comparativement au groupe CON, qui ne l’a augmenté que de 5 % (P < 0.05) seulement. De plus, aucun cas de blessures ou de douleurs musculaires anormales n’ont été rapportés.

Les résultats supportent donc l’hypothèse que les exercices de pliométrie aquatiques augmentent la hauteur des sauts verticaux, chez les athlètes féminines adolescentes. De plus, Robinson et al. ont démontré que des femmes qui participent à un programme de pliométrie en piscine, d’une durée de 8 semaines, ont beaucoup moins de douleurs musculaires que les femmes qui participent à un programme semblable au sol.

Aussi, puisque l’entraînement en pliométrie aquatique induit des résultats positifs tout de suite à la fin du programme, nous pouvons supposer qu’avec cet entraînement, les athlètes auraient besoin d’une période de repos moins longue avant leur compétition, puisqu’avec un entraînement de pliométrie au sol, on pourrait conduire l’athlète vers un surentraînement, ce qui obligerait l’athlète à prendre une plus longue période de repos.

Finalement, il serait intéressant de faire plus de recherches sur l’impact d’un programme de pliométrie aquatique sur plusieurs populations, à des intensités, volumes et durées différents, sur les douleurs musculaires, les caractéristiques neuromusculaires, la force, etc. De plus, puisque ce type d’exercices présente peu de risques, il pourrait être intéressant de se servir de cette technique en réadaptation, mais plus d’études sont nécessaires. Les exercices de pliométrie aquatiques représentent donc une avenue intéressante, pour augmenter la puissance des membres inférieurs en réduisant les risques de blessures et de douleurs musculaires.

Source primaire

Gregory F et coll., Aquatic Plyometric Training Increases Vertical Jump in Female Volleyball Players, Med Sci Sports Exerc, 37(10): 1814-1819, 2005.

Rédacteur

Isabelle Doucet et Emmanuelle Milot
Étudiants en kinésiologie, Département de kinésiologie, Université de Montréal

Éditeur

Luc Léger
Ph. D., Professeur au Département de kinésiologie, Université de Montréal

Mots-clés

pliométrie, Volleyball, puissance des membres inférieurs, saut vertical

Lectures suggérées

Astrand, L. Aerobic work capacity in men and women with special reference to age. Acta Physiologica Scandinavia, 1960; 49: p. 1-92.

Bobbert, M. Drop jumping as a training method for jumping ability. Sports Medicine, 1986; 26: p. 7-22.

Matavulj, D., Kukolj, M., Ugarkovic, D., Tihanyi, J., Jaric S. Effects of plyometric training on jumping performance in junior basketball players. Journal of Sport Medicine and phys. Fitness, 2001; 41:159-164.

Wilson, G.J., Murphy, A.J., Giorgi A. Weight and plyometric training: effect on eccentric concentric force production. Canadian Journal of applied physiology, 1996 ; 21 : 301-315.

Sports ciblés

Volleyball, basketball, athlétisme (sprint), nage synchronisée, gymnastique et tous les autres sports où la performance dépend notamment de la puissance des membres inférieurs.

Imprimer Ajouter à mes favoris Haut de page


© Institut national du sport du Québec,