S689 - Chez les cyclistes très entraînés, un entraînement complémentaire en musculation n'améliore pas la performance dans les épreuves d'endurance

 Chez les athlètes d’endurance, l’entraînement complémentaire en musculation n’est pas très populaire. Si certaines études ont démontré les bienfaits de la musculation en course à pied et en ski de fond, les études ayant examiné ses effets sur la performance en cyclisme sur route ont révélé des résultats non concluants ou mitigés.
 
Avançant l’hypothèse que les résultats équivoques de certaines des précédentes études pourraient s’expliquer par des programmes de musculation unidimensionnels qui n’englobaient qu’un seul type d’entraînement musculaire (soit de la force ou de la « force endurance »), les auteurs de la présente étude ont soumis 7 cyclistes sur route (VO2max moyen de 62,4 mL/kg/min) à un programme de musculation multidimensionnel, à raison de trois fois par semaine, durant six semaines. Des trois séances hebdomadaires, deux empruntaient des formules différentes de développement de la force musculaire, l’autre visant plutôt l’hypertrophie. Sept cyclistes de même niveau (VO2max moyen de 63,1 ml/kg/min) ont également pris part à l’étude; ceux-ci n’ont effectué que leur entraînement en endurance habituel.

Le test de 30 km comprenait trois sprints de 250 m aux kilomètres 4, 14 et 24; et trois sprints de 1 km aux kilomètres 9, 19 et 29.

Au terme des 6 semaines, aucune amélioration de la performance en endurance ne fut observée, ni dans le groupe qui avait suivi le programme de musculation multidimensionnel, ni dans le groupe témoin. Le groupe ayant participé à l’entraînement complémentaire a vu ses résultats au test de 1 RM au squat augmenter de 26 %. En contrepartie, sa performance au dernier sprint de 1 km a diminué de 5 %.

Ces résultats viennent s’ajouter à ceux d’études précédentes et viennent renforcer l’idée qu’un entraînement complémentaire en musculation n’aide pas nécessairement à améliorer la performance des cyclistes sur route. Ces résultats ne permettent toutefois pas de conclure que les cyclistes n’ont pas avantage à faire de la musculation, car d’autres recherches ont montré qu’elle permet d’améliorer l’efficacité du pédalage. Et on peut faire l’hypothèse que la musculation permet de réduire le risque de blessures.

Source primaire

Levin GT, Mcguigan MR et Laursen PB (2009) Effect of concurrent resistance and endurance training on physiologic and performance parameters of well-trained endurance cyclists J Strenght Cond Res 23(8):2280-6.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19826297

Rédacteur

Xavier Bonacorsi
étudiant en kinésiologie, Université Laval

Éditeur

Guy Thibault
Ph. D., Direction du sport et de l’activité physique, gouvernement du Québec; Département de kinésiologie de l’Université de Montréal; et INS Québec

Mots-clés

Cyclisme, musculation, entraînement complémentaire, endurance

Lectures suggérées

Yamamoto et coll. (2010) The effects of resistance training on road cycling performance among highly trained cyclists: A systematic review. J Strength Cond Res 24(2):560-6.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20072042

Ronnestad BR, Hansen EA et Raastad T (2010) Effect of heavy strength training on thigh muscle cross-sectional area, performance determinants, and performance in well-trained cyclists Eur J Appl Physiol 108(5):965-75.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19960350

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