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S258 - La consommation d’une boisson sucrée s’accompagnerait d’une amélioration de la performance dans la première moitié d’une activité intermittente de haute intensité comme un match de sport collectif, mais pas dans la seconde moitié

Il est bien connu qu’une perte de masse corporelle de seulement 2 % occasionnée par la déshydratation peut résulter en une diminution significative des performances physiques et cognitives. On sait qu’au cours d’un matche de football (soccer), les réserves de glycogène musculaires diminuent beaucoup si l’intensité est élevée, et plus encore s’il fait chaud.

Selon les règlements du football, il n’y a aucune pause formelle qui permettrait aux joueurs de s’hydrater, sauf à la mi-temps. Lorsqu’un matche se déroule dans des conditions environnementales chaudes, la performance des athlètes est réduite à cause de la déshydratation et de la diminution prononcée des réserves de glycogène musculaires.

Le but de l’étude était de mesurer l’effet de la consommation d’une boisson sucrée sur la performance, lors d’une activité intermittente de haute intensité. Vingt joueurs de football masculins (16,06 ± 1,11 ans, 1,80 ± 0,05 m, 68,5 ± 4,81 kg) ont été réparti en deux groupes : ceux du groupe 1 (CHO) ont bu 300 ml d’une solution sucrée à intervalles de 15 minutes pendant la partie (concentration à 6 % d’une solution de Gatorade) et ceux du groupe 2 n’ont bu aucun liquide pendant le jeu. La séance qui se déroulait sur terrain de football était divisée en 3 périodes : soit une première demie de 45 minutes, un intervalle de 15 minutes et une deuxième demie de 30 minutes. Pendant l’intervalle de repos de 15 minutes, tous les joueurs avaient la possibilité d’ingérer de l’eau à volonté.

Les résultats indiquent qu’il n’y a pas de différence significative de la fréquence cardiaque, ni de la température corporelle entre les deux groupes. Lors de l’intervalle de repos de 15 minutes entre les deux demies, les joueurs du groupe 1 ont bu en moyenne 340 (± 201) ml d’eau et ceux du groupe 2 en ont bu 890 (± 263) ml, ce qui est assez considérable. Les joueurs du groupe 2 ont perdu plus de poids (1,75 ± 0,47 kg) que ceux du groupe 1 (1,14 ± 0,30 kg). Les joueurs, quelque soit leur groupe, ont davantage courus lors de la première demie que la seconde. Les joueurs du groupe 1 ont exécuté un plus grand nombre de sprints que le groupe 2 lors de la première demie et leur temps total de course était plus grand, ce qui suggère que la consommation d’une boisson sucrée s’accompagne d’un jeu plus actif dans la première demie de la partie, mais on n’a cependant pas observé de différence significative entre les deux groupes lors de la 2ième moitié de la partie. On peut faire l’hypothèse qu’en profitant d’une moins grande déshydratation et d’une moins grande diminution des réserves de glycogène musculaires, les joueurs qui ont bu une solution sucrée ont joué à plus haute intensité dans la première demie, ce qui les a privé d’un avantage énergétique en deuxième demie.

En se fondant sur d’autres recherches, les auteurs de cette étude se disent d’avis que l’ingestion d’une boisson sucrée doit tout de même être recommandée aux athlètes en sports collectifs, notamment parce que les joueurs présentent généralement, à la fin d’un matche, de basses réserves de glycogène musculaires et qu’il faut réduire la détérioration des habiletés techniques qui pourrait accompagner cet épuisement des réserves de glycogène musculaires (le glucose étant l’unique substrat énergétique du système nerveux central). Aussi, les joueurs aux faibles réserves de glycogène musculaires ont tendance à faire moins de sprints et des sprints plus courts que ceux dont le contenu est normal.

On devra mener d’autres études afin de définir un volume optimal ainsi qu’une concentration optimale des boissons sucrées à proposer aux athlètes, tout en tenant compte des contraintes liées aux règlements de chaque sport.

Source primaire

Guerra I et al. The influence of fluid ingestion on performance of soccer players during a match.   J Sports Sci 2004; 3:198-202.

Rédacteur

Nathalie Ayotte
B.Sc., stagiaire à la Direction du sport et de l’activité physique

Éditeur

Guy Thibault
Ph. D., Direction du sport et de l’activité physique, gouvernement du Québec; Département de kinésiologie de l’Université de Montréal; et INS Québec

Mots-clés

hydratation, boissons sportives, glucides, Sports collectifs

Lectures suggérées

McGregor SJ et al. The influence of intermittent high-intensity shuttle running and fluid ingestion on the performance of a soccer skill. J Sports Sci 1999; 17(11):895-903.

Morris JG et al.The influence of a 6,5% carbohydrate-electrolyte solution on performance of prolonged intermittent high-intensity running at 30 degrees Celsius. J Sports Sci 2003; 21(5):371-81.

Sports ciblés

Football, soccer et tous les sports collectifs avec activité intermittente de haute intensité

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