S423 - Un échauffement qui comprend des étirements statiques s'accompagne de meilleures performances anaérobies qu'un échauffement ne comprenant qu'une activation aérobie sous-maximale
Alors que plusieurs entraîneurs croient que les étirements devraient faire partie de l’échauffement, des études récentes suggèrent qu’ils peuvent s’accompagner d’une diminution transitoire de la force et donc de la performance.
Afin d’investiguer les effets des étirements statiques sur la puissance des jambes, un groupe expérimental a effectué un échauffement sous-maximal de cinq minutes sur un ergocycle suivi immédiatement par 15 minutes d’exercices d’étirements statiques : 11 étirements du bas du corps qui étaient maintenus pendant dix secondes chacun, deux fois par jambe (dix secondes de repos entre les étirements). Le groupe contrôle n’a effectué que l’échauffement à intensité sous-maximale. Les participants de chaque sous-groupe ont été soumis à un test de puissance des jambes (10 secondes) soit 5, 20, 40 ou 60 minutes suivant leur échauffement respectif.
La puissance maximale et le travail total effectué étaient significativement plus grands chez les sujets du groupe expérimental que chez ceux du groupe contrôle et ce, pour chacun des tests de puissance des jambes. Pour ce qui est du groupe contrôle, la puissance maximale et le travail total n’étaient pas différents, que le test soit effectué 5, 20, 40 ou 60 minutes après l’échauffement. En revanche, chez les sujets de groupe expérimental, le plus grand travail maximal et la plus grande puissance ont été obtenus 5 et 20 minutes après l’échauffement, alors que ces indices de performance étaient significativement moins élevés 40 et 60 minutes après l’échauffement, bien qu’ils étaient plus élevés que ceux du groupe contrôle. Au test effectué 5 minutes après l’échauffement, les sujets du groupe expérimental ont nécessité moins de temps pour atteindre le pic de puissance.
Cette étude indique que pour atteindre une puissance élevée et un travail total optimal lors d’une épreuve anaérobie, un athlète devrait s’engager dans une période d’étirements statiques 5 à 20 minutes avant l’effort. Et pour minimiser le temps pour atteindre la puissance maximale, les étirements devraient être complétés cinq minutes avant la compétition. Les auteurs font l’hypothèse que ces effets favorables des étirements statiques (contraires aux conclusions d’études semblables mais où l’on avait recours à des étirements passifs tenus pendant une période plus longue) s’expliquent par une moins grande diminution de la température des muscles due aux étirements plus brefs. L’intérêt des étirements statiques au cours de la période d’échauffement demeure controversé si bien qu’il faudra mener d’autres recherches sur ce sujet.
Sarah Cross
B.Sc. (Kinésiologie), Université McMaster
Éditeur
Guy Thibault
Ph. D., Direction du sport et de l’activité physique, gouvernement du Québec; Département de kinésiologie de l’Université de Montréal; et INS Québec
Mots-clés
Étirements statiques, puissance maximale des jambes